23 Angelique89 Le 11/04/2022

Bonjour,

Mon chien Chaïko, un rhodésien ridgeback de 9 ans s’est endormi paisiblement le jeudi 7 avril 2022. J'ai pris cette lourde décision de l'endormir.
Je ressens ce besoin de m'exprimer sur cette épreuve...
Début février 2022, Chaïko montrait des signes de douleurs lors de la défécation, il y avait du sang dans ses selles. Du ténesme (sentiment de vouloir déféquer mais que rien ne sort) s'est fait remarquer, il mettait énormément de temps pour faire ses besoins et il le faisait sur plusieurs mètres. Un premier contrôle a été réalisé par un vétérinaire, une palpation anale a été réalisée, Chaïko avait hurlé de douleurs, le vétérinaire m'a expliqué qu'il avait un prolapsus. Il m'a donc conseillé de changer son alimentation avec une alimentation spécifique en cas de troubles digestifs.
Je n'ai pas vu d'amélioration. Je suis donc retournée mi-février chez ce vétérinaire, durant cette période de covid-19 je n'ai pas pu accompagner mon loulou lors de la consultation. Celui-ci m'explique qu'un examen de ses selles va être effectué.
J'ai reçu un résultat, qu'il n'y avait rien, le problème de Chaïko était une douleur mécanique lors de la défécation due à un prolapsus..(pas de quoi s’inquiéter selon ce veto) une cortisone sur 2 semaines et un anti-douleurs oral m'a donc été données.

Aucune amélioration s'est fait ressentir, mon chien avait changé, il était très tendu et angoissé lors de promenades, il faisait son premier besoin du matin il ne hurlait pas de douleurs mais les besoins suivants...c'était un cauchemar…et il n’y avait quasi rien en quantité…

J'avais un sentiment négatif qui s'installait en moi, je sentais que mon loulou souffrait de plus en plus…
Je me suis rendu dans un autre vétérinaire sur conseils d'amies ayant des chiens.

Un premier examen a été réalisé sous narcose, radiographie etc...Pierre le vétérinaire m'a expliqué avoir découvert plusieurs abcès dans la région anale, les glandes anales ne se vidaient plus lors de ses besoins normalement, il y avait beaucoup de pus et certains tissus étaient nécrosés, il a nettoyé la zone et il a prescrit des antibiotiques à haute dose, il y avait également beaucoup de gaz dans l'estomac de mon loulou. Une récidive était plausible.

Puis malgré la prise et prolongée des antibiotiques, Chaïko perdait l'appétit, il ne jouait plus avec moi, il n'allait pas renifler les odeurs ni les autres chiens. Le jeudi 7 avril au matin, j'ai donc emmené Chaïko pour un nouvel examen complet, il a subit une nouvelle narcose, je suis restée jusqu'à ce qu'il s'endorme paisiblement et lui ai chuchoté "maman revient te chercher dans deux heures, soit fort mon "chokito", il était 10h à ce moment-là…

10h15, j'étais sur le chemin du retour puis je reçois donc un appel de Pierre, il m'informe que l'examen s'est bien passé et que vu qu'il y avait nettement moins d'infections, il a pu voir plus en profondeur puis m'annonce que Chaïko avait des tumeurs périanales non opérables puis une tumeur dans un ganglion…j’étais brisée.

J'ai demandé à Pierre si Chaïko était encore sous sédatif, il m'a répondu que oui… et c'est à ce moment-là que j'ai compris que mon loulou devait s'en aller, j'ai pris cette pénible et lourde décision de l'endormir avec la piqûre, j'ai raccroché avec Pierre, j'étais dévastée, je venais d'arriver chez moi, et lorsque j'ai franchis ma porte d'entrée, j'ai donc compris que Chaïko n'allait pas rentrer à la maison. Je n'ai jamais perdu un être proche, j'étais si jeune quand j'ai perdu des membres de la famille, je ne connaissais pas cette terrible douleur…

J'ai 32 ans...Chaïko aurait eu 9 ans le 12 mai prochain, c'était mon fils à mes yeux, ce lien unique, je ne l'ai jamais connu de la sorte. J’ai vécu des expériences douloureuses (ruptures etc.) un peu comme tout le monde…j’imagine que l’ont a tous des casseroles qu’on tire derrière nous…etc… mais d'avoir si mal comme aujourd'hui...jamais…

Il s'est donc endormi à 12h25, je l'ai accompagné jusqu'à son dernier battement de cœur, je lui ai parlé chaque seconde, il était si paisible et si détendu…mes parents étaient présents. Sa tête était posée sur mes cuisses, ma main droite sur son cœur, et je lui ai dit "au revoir Chaïko, rejoins tes deux frères ainsi que ta maman, je te rejoindrai un jour…je t'aimerais chaque jour"

Le 22 avril 2022 je suis allée récupérer…les cendres…c’était extrêmement difficile. J’ai beaucoup pleurée. Je me suis sentie très épuisée par la douleur. Car là. Je réalisais vraiment que mon chien n’était plus là…il était entre mes mains…dans un sac en jute…
J’ai été sous le choc le jour de la perte…selon les phases de deuil je pense que j’ai été dans une sorte de dénie au départ…je ne réalisais rien en faite. Mais c’est en prenant les cendres…là…là…j’ai eu si mal. Pour moi c’est la pire douleur. Cette phase où tu récupères les cendres de l’être tant aimé. Ce n’étais même pas d’écouter son dernier battement….pour moi c’était de l’avoir dans un cornet sur le siège passager…pardon mais putain ce que ça fait mal…

Je lui ai écrit une lettre…et je vais aller disperser ces cendres au bord du lac de ma région. Là où il a grandit. Là où il me faisait tant rire et sourire dans ces moments de folies et de jeux. Là dans notre endroit…à nous…un petit bout de terrain…au bord du lac de la Gruyère (Suisse)…un coin pas fréquentée…j’y suis retournée seule…mais cela n’a plus aucun sens pour moi…

Voici mon dur récit, ma dure épreuve.

J'accepte ma douleur, j'accepte chaque phase difficile (quitter mon domicile, revenir chez moi, me réveiller sans lui, regarder dans le rétroviseur et ne pas apercevoir mon fils dans mon coffre de voiture) J'ai réalisé ma première balade sans lui hier après-midi, j'ai souris car j'ai marché dans la forêt pour lui (oh qu'il adorait être en forêt).

Chaque matin j'allume une bougie devant sa photo, j'ai réalisé sur une étagère un coin à lui, notre coin de douceur à nous.
Je lui parle de temps en temps à voix haute. Ses doudous sont sur l'étagère également. J'ai ses poils dans une petite boîte.

Je pense aux meilleures moments de notre chemin ensemble, de l'avoir fait découvrir la mer… cela me fait du bien.
Je prends chaque jour comme il vient.
J'exprime ma douleur, je pleure quand les larmes viennent.
Je parle aux proches qui ont connu Chaïko…
Je ne dors pas très bien, que quelques heures. Le lendemain de son départ, vendredi 4 heures du matin, j'ai ressenti le besoin de ranger ses affaires, j'ai conservé sa couverture avec son odeur dans une petite boîte que j'ai rangée près de moi dans ma chambre. Je me suis écoutée et enlevé de l'appartement son panier, ses écuelles, son harnais, sa laisse etc...

J'ai réussit à franchir ma porte d'entrée, seule hier. Car depuis jeudi mon ami m'a accompagné chaque fois afin de rentrer en même temps dans notre appartement.

C'est dur...sa présence me manque, son regard me manque...Il était brave, doux, loyal, respectueux, ami de tout animal, sensible, une partie de moi est avec lui. Parfois je sens sa présence, des frissons...je ne sais pas expliquer, c'est...particulier. J'ai ressenti le besoin de contacter Fabienne, une connaissance qui fait de la communication animalière, Chaïko m'a plusieurs fois exprimé son ressenti il y a quelques années, des choses que lui et moi avons vécu et que Fabienne m'a ressorti, elle ne savait que le prénom de mon chien ainsi que sa date de naissance. Hier matin je l'ai donc contacté, elle m'a dit que Chaïko accepte de lui parler et elle reviendra vers moi avec le message de Chaïko...Ceci...j'en parle car, peut-être que ça peut aider des personnes dans la même peine que moi…

Le samedi 30 avril, mon chien m’a transmis un message…il a parlé à Fabienne…cela m’a fait du bien…je peux avancer dans cette épreuve difficile…

Bien à vous tous et toutes qui ont perdu un loulou...force à vous...

Angélique